Coucou vous, le voyage musical continue au Bénin. Ce pays d’Afrique de l’Ouest, souvent surnommé le berceau de la musique africaine moderne, est un véritable trésor de rythmes et de mélodies. Préparez-vous à une immersion sonore qui vous fera vibrer au rythme du zinli, danser sur les notes endiablées du tchinkounmè, et découvrir les voix envoûtantes d’artistes qui ont su, avec passion, allier tradition et modernité.
Doo nú wè (Bienvenue ou bonne arrivée en Fon)
(Petit conseil : Prenez plaisir à écouter la boîte musicale spéciale Bénin en bas de cet article.)
Bénin en clair
Le Bénin est délimité au nord par le Burkina Faso et le Niger, à l’est par le Nigeria, àl’ouest par le Togo et au sud par le golfe de Guinée(océan Atlantique). Porto-Novo est la capitale politique officielle. Et Cotonou, la capitale économique et la plus grande ville du pays.
La population béninoise était estimée en 2022 à environ 13,35 millions d’habitants. Elle se compose de plusieurs groupes de personnes. Au sud et au centre, il y a : les Fon et apparentés, les Adja et apparentés, les Yoruba et apparentés. Au nord : les Bariba et apparentés, les Dendi et apparentés, les Otamari et apparentés, ainsi que les Peuls.
La langue officielle du Bénin est le français. Le pays compte également plus de 50 langues nationales. Les plus parlées sont : Le fon (la plus parlée), le yoruba, le bariba, le dendi, le goun, l’adja… L’histoire pré-coloniale du Bénin est dominée par l’émergence de plusieurs royaumes et cités-États riches.
Le plus puissant et le plus connu est le Royaume du Dahomey, fondé vers 1625 par le peuple Fon. Basé à Abomey, ce royaume s’est rapidement imposé comme une puissance militaire et économique en conquérant ses voisins. Le Dahomey est notamment célèbre pour ses Amazones, un corps d’élite de guerrières redoutables.
Le royaume a prospéré grâce à sa participation active à la traite négrière à partir du XVIIIe siècle, échangeant des esclaves contre des armes et des marchandises avec les Européens. La ville de Ouidah est devenue un port clé pour le commerce transatlantique. D’autres royaumes importants ont également existé, comme le royaume d’Adja-Tado et celui de Porto-Novo, qui ont souvent été en rivalité ou en conflit avec le Dahomey.
À la fin du XIXe siècle, les puissances européennes, dont la France, ont cherché à étendre leur influence en Afrique. La France a lancé une série de campagnes militaires contre le Dahomey, sous le règne du roi Béhanzin. Ces guerres du Dahomey, menées entre 1892 et 1894, ont abouti à la défaite du royaume et à la capture de Béhanzin. En 1894, le territoire est officiellement devenu la colonie du Dahomey.
Le pouvoir colonial français a alors mis en place une administration centralisée et exploité les ressources du pays, principalement agricoles (palmiers à huile, coton). La colonie a également fourni des soldats (les tirailleurs sénégalais) pour les guerres de la France, notamment pendant les deux guerres mondiales.

Après la Seconde Guerre mondiale, un mouvement nationaliste a émergé au Dahomey, dans le sillage des réformes qui ont accordé plus de droits aux populations colonisées. Des figures politiques telles qu’Hubert Maga, Sourou Migan Apithy et Justin Ahomadégbé-Tomêtin ont émergé, défendant l’autonomie et l’indépendance. La France a mis en place la loi-cadre Defferre en 1956, qui a donné plus de pouvoir aux gouvernements locaux.
Cela a préparé le terrain pour l’indépendance. Le Dahomey a d’abord accédé au statut de République autonome au sein de la Communauté française en 1958, avant de proclamer son indépendance complète le 1ᵉʳ août 1960. Hubert Maga en est devenu le premier président. Le saviez-vous? Le nom « Dahomey » vient du nom de l’ancien royaume de Danhomè, un puissant royaume fondé par le peuple Fon vers le XVIIe siècle.
Ce royaume était centré sur la ville d’Abomey et s’est étendu pour dominer une grande partie du sud du Bénin actuel. Selon la légende, le roi Houégbadja a fondé son palais sur le ventre (le corps) d’un chef qu’il avait tué, Dan. Le nom « Danhomè » signifierait alors littéralement « sur le ventre de Dan ». C’est ce royaume qui a donné son nom à la colonie française, qui est devenue la République du Dahomey à son indépendance en 1960.
Le nouveau nom « Bénin » a été adopté en 1975 pour favoriser l’unité nationale en s’éloignant d’une référence ethnique et en s’ancrant dans une identité géographique partagée. Il fait référence à la baie du Bénin, qui longe les côtes du pays.
Cette baie a historiquement servi de point de rencontre et d’échange pour de nombreux peuples de la région, y compris des royaumes comme celui de Porto-Novo et de Dahomey. Ce changement de nom s’est produit sous le régime du président Mathieu Kérékou, qui a mis en place un État d’orientation marxiste-léniniste et renommé le pays en République populaire du Bénin.
Bénin en chansons
L’hymne national du Bénin est « L’Aube nouvelle ». Il a été écrit et composé par l’abbé Gilbert Dagnon. Il a été adopté au moment de l’indépendance en 1960. L’hymne est un appel patriotique et solennel qui met en lumière plusieurs thèmes importants :
-Hommage aux ancêtres : Il rend hommage au courage et à l’ardeur des aïeux qui ont versé leur sang pour la liberté du pays.
-Unité et travail : Il exhorte les citoyens à l’unité et au travail sans relâche pour construire un avenir meilleur pour les générations futures.
-Symboles du drapeau : Il explique la signification des couleurs du drapeau béninois : le vert pour l’espoir de renouveau, le rouge pour le courage des ancêtres et le jaune comme présage de richesse.
-Richesse et espoir : Il célèbre la beauté naturelle et les richesses du pays, et termine sur un appel à l’unité fraternelle pour un avenir de bonheur et d’abondance.
La musique béninoise est incroyablement riche et diversifiée, mêlant des rythmes traditionnels ancestraux et des genres modernes et urbains qui connaissent un succès grandissant. Voici un aperçu des principaux genres musicaux et des artistes populaires du pays :
– Le Zinli : Originaire du peuple Fon, c’est un rythme lent et majestueux souvent associé aux funérailles royales ou des dignitaires. Il est joué avec des percussions et a été modernisé par des artistes comme le regretté roi du Zinli, Alokpon. Alèkpéhanhou est considéré comme le maître du zinli rénové.
– Le Tchinkounmè : Autre rythme traditionnel du sud du Bénin, il est souvent joué avec des percussions d’eau (calebasses flottant sur l’eau). Stan Tohon, surnommé « le Roi du Tchink System », est l’artiste qui a modernisé ce genre et l’a fait connaître à l’international.
– Le Massègohoun : Rythme traditionnel du peuple Goun de Porto-Novo. Avec ses mélodies profondes et ses tambours puissants, ce rythme est un appel à la danse. Yédénou Adjahoui est considéré comme le précurseur de ce genre, et Dossou Letriki a continué à populariser le style après sa mort.
– La musique Vodoun : Liée aux rituels et aux cérémonies du culte Vodoun, elle utilise des percussions spécifiques et des chants incantatoires. Le groupe Gangbé Brass Band mélange habilement les rythmes du Vodoun avec du jazz et des cuivres, ce qui leur a valu une renommée internationale.
–Agbadja : C’est un rythme populaire du sud du Bénin, joué avec des tambours, un gong et une clochette.
–Zangbéto : C’est un rythme du sud du Bénin, associé aux masques Zangbéto, qui sont considérés comme les gardiens de la nuit.
– Le Kaba et le Akpala : Rythmes traditionnels du peuple Yoruba.
La musique urbaine est en pleine effervescence au Bénin, mêlant les sons traditionnels aux genres modernes.
–Afrobeat et Afropop : Ce sont les genres les plus populaires auprès de la jeune génération, avec des rythmes entraînants et des mélodies accrocheuses. Fanicko et Nikanor sont des figures majeures de la scène afropop béninoise. Axel Merryl et Vano Baby sont également très populaires.
– Hip-Hop / Rap : Le rap béninois a connu un développement important, avec des artistes connus pour leurs textes engagés et leurs flows techniques. Blaaz est un rappeur très respecté, et Dibi Dobo a également marqué la scène avec son style unique.
Certains artistes béninois ont une carrière internationale et transcendent les genres musicaux. Angélique Kidjo, la plus grande star de la musique béninoise, est une icône mondiale du genre « world music » qui mélange des influences africaines, américaines et européennes. Gnonnas Pedro (Afro-Cubain), GG Vikey (variété), Sagbohan Danialou (jazz, rythmes traditionnels), Zeynab Habib (R&B/variété), ou Pélagie la Vibreuse (Afropop) sont d’autres artistes populaires qui contribuent à leur manière à la diversité musicale du pays. Ils explorent divers style en y intégrant des éléments de leurs langues locales (fon, yoruba) et de leurs rythmes traditionnels (Tchinkounmè hip-hop, Gota hip-hop, etc.).
Quoi de mieux qu’une playlist de chansons béninoises pour finir cet article en beauté !
Bonne écoute à vous !

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