Coucou vous vous, aujourd’hui nous nous intéressons aux spécificités musicales de la Somalie.
Soo dhawoow! (Bienvenue en Somali)
(Petit conseil : Prenez plaisir à écouter la boîte musicale spéciale Somalie en bas de cet article.)
Somalie en clair
La République fédérale de la Somalie a pour capitale Mogadiscio. Il se situe à la Corne de l’Afrique. C’est un pays bordé par le golfe d’Aden au nord, l’océan Indien à l’est et au sud, et le Kenya, l’Éthiopie et Djibouti à l’ouest. Sa population s’élève à plus de 18 millions d’habitants. Elle est essentiellement composée de Somaliens, de Rahanweyn, de Bantous, d’Afars, d’Arabes et…la liste longue. Les habitants pratiquent une diversité de langues. Cela va du swahili, à l’oromo en passant par l’hindi-ourdou, l’anglais, l’italien, le mushungulu et des dialectes locaux.
Mais le Somali, une langue couchitique de la famille afroasiatique, et l’arabe sont les seules langues officielles du pays. Dans l’Antiquité, les terres somaliennes ont été foulées par les anciens Egyptiens. Entre le 2ème et 3ème siècle, certaines parties du pays ont été rattachées au royaume éthiopien d’Aksoum. Les Arabes s’installent vers le 9ème siècle et imposent l’Islam. A cause de la colonisation occidentale la partie Nord-Ouest de la Somalie devient un protectorat britannique dès 1887. On l’appelait « British Somaliland ». La même année, les Italiens imposent un protectorat dans le territoire de l’actuel Puntland à l’époque sous le règne du sultan Majeerteen.
Cependant l’expansion italienne est vite freinée par les Britanniques, les Ethiopiens et les Somaliens, hostiles à leur installation. L’occupation britannique indésirable se heurte à la résistance des autochtones. La révolte des Derviches (1899- 1920) est alors inévitable. Les Italiens tentent une dernière fois de conquérir en 1940 le Somaliland sans succès. Les Britanniques reprennent le contrôle l’année suivante. A la fin de la seconde guerre mondiale, l’Italie fasciste alliée de l’Allemagne nazi signe un traité de paix avec les vainqueurs dont la Grande-Bretagne. Dans ce traité, elle accepte de céder ses possessions en Ethiopie et en Erythrée. Elle refuse cependant de se défaire de sa « Somalia Italiana ». L’ONU lui pose un ultimatum de dix ans, le temps de former des cadres capables de reprendre le pays en main après leur départ.

En juillet 1960, insatisfaite, l’armée somalienne renverse le pouvoir italien en place et annexe le Somaliland indépendante depuis le 26 juin. L’ambition à ce moment-là est de construire la « Grande Somalie » qui verra le retour des enfants du pays, émigrés au Kenya, en Ethiopie et à Djibouti. Le premier président du pays est Aden Abdullah Osman Baar. La Somalie est aujourd’hui une fédération dirigée par un gouvernement fédéral de transition GFT depuis 2012. Elle se compose de sept membres dont le Somaliland au Nord-Ouest (1997), le Puntland au Nord-Est (1998) et le Jubaland. Le saviez-vous ? Le mot Somalie serait le nom d’un ancêtre commun aux ethnies du pays, Samaale.
Somalie en chansons
Louange au drapeau ou « Qolobaa Calankeed » est l’hymne national de la Somalie. Il a été créé en 2012. Il remplace le précédent « Soomaaliyeey toosoo ». Les paroles et la musique sont de Abdullahi Qarshe.La musique somalienne mixe des sonorités anciennes avec des styles contemporains. Parmi les plus populaires, on trouve :
Fanka. Une musique populaire somalienne, souvent associée aux chants de louange et aux narrations poétiques.
Qaraami. Le qaraami, un genre musical somalien qui a vu le jour entre les années 1940 et la fin des années 1960, tire son nom du mot arabe « garam » signifiant « amour ». Ce style se distingue par ses mélodies poétiques et ses paroles empreintes d’émotion, explorant des thèmes universels tels que l’amour, le désir et la vie quotidienne. Il se caractérise par une fusion unique de traditions musicales somaliennes et d’influences arabes et occidentales.L’instrument central du qaraami est le kaban, un luth somalien. Des figures emblématiques ont façonné ce genre, notamment Abdullahi Qarshe, considéré comme le « père de la musique somalienne », et Magool (Halima Khalif Omar), surnommée le « rossignol de la Somalie ».Aujourd’hui, l’héritage du qaraami perdure. Des artistes contemporains comme Khadra Daahir Cige, Sharma Boy et Suldaan Seeraar continuent de faire vivre ce genre en reprenant des classiques ou en intégrant ses éléments poétiques dans des musiques plus modernes (pop, hip-hop, rap…).Le qaraami demeure un style musical profondément apprécié pour son élégance, sa poésie et sa profondeur.
Balwo(1940). Genre musical pionnier qui a ouvert la voie à d’autres styles en Somalie, notamment le heelo.
Qaaci(1960). Style musical traditionnel somalien, caractérisé par des rythmes et mélodies distincts.
Heelo. Style musical somalien qui a émergé du balwo, influencé par des éléments de musique traditionnelle et de styles plus contemporains.
Mogadishu Funk. Un mélange de funk, soul, disco et reggae avec des éléments de musique traditionnelle somalienne, populaire dans les années 70 et 80.
Afro-blues, Afro-funk, Afro-fusion/afrobeats, Afro-jazz, Afro-pop, Afro-rap, Afro-soul. Ces genres témoignent de l’influence des musiques africaines et de la diaspora sur la musique somalienne contemporaine.
Gabay. Poésie chantée, souvent lente et majestueuse, utilisée pour des sujets sérieux comme les éloges, les critiques et les règles morales.
Daantho. Style musical traditionnel somalien, parfois associé à la musique spirituelle Sarre.
La musique somalienne est également marquée par des instruments traditionnels comme le oud, des cordes, et des percussions, ainsi que par l’importance de la poésie dans les paroles. Au final, les artistes, à l’image du groupe Dur-Dur Band et Malisounds, se nourrissent aussi bien des traditions que d’influences plus larges comme rock, de bossa nova, de jazz, le blues, le funk, le jazz, la soul, et même le reggae.
Quoi de mieux qu’une playlist de chansons somaliennes pour finir cet article en beauté.
Bonne écoute à vous !
Boîte musicale

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