Coucou vous vous !
L’Angola, l’un des cinq pays lusophones d’Afrique, vibre au son d’une musique chargée d’histoire, de joie, de douleur et de poésie. Terre de contrastes, sa culture musicale est une rencontre vibrante entre les traditions ancestrales, les influences afro-latines et les cicatrices de la colonisation.
Bem-vindo!
(Petit conseil : Prenez plaisir à écouter la boîte musicale spéciale Angola en bas de cet article.)
Angola en clair
Surnommée le pays de la zibeline géante, l’Angola est situé sur la côte sud-ouest de l’Afrique. Il est bordé au nord par le Congo-Brazzaville et la République Démocratique du Congo (RDC), à l’est par la RDC et la Zambie, au sud par la Namibie, et à l’ouest par l’océan Atlantique. Sa capitale, Luanda, est aussi l’une des 18 provinces du pays. L’Angola compte environ 37,8 millions d’habitants, issus d’une diversité ethnique remarquable : Ovimbundu, Ambundu, Bakongo, Ovambo, Chokwe, Kindongo, Mestizos (métis), caucasiens, et une communauté chinoise grandissante.
Plus de 20 langues y sont parlées, parmi lesquelles l’umbundu, le kimbundu, le kikongo, le tchokwe, ou encore le kwenyama. Les premiers habitants du pays sont les Khoisan, un peuple de chasseurs-cueilleurs. Les Bantous, eux, s’installent progressivement à partir du VIe siècle. En 1482, le navigateur portugais Diogo Cão accoste sur les côtes angolaises, amorçant plusieurs siècles de présence coloniale. La colonisation portugaise s’intensifie à partir de 1575 et perdurera pendant 300 ans. Le combat pour l’indépendance commence véritablement le 4 janvier 1961 avec la révolte des travailleurs de la plantation de coton de Baixa de Cassanje. L’indépendance est proclamée en 1975.
Depuis, le pays est dirigé par le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l’Angola), d’inspiration marxiste. António Agostinho Neto Kilamba fut le premier président de la République. José Eduardo dos Santos a présidé le pays de 1979 à 2017. Son successeur, João Lourenço, gouverne depuis septembre 2017. Le saviez-vous ? Le nom « Angola » vient du mot Ngola, un titre royal chez les peuples Mbundu et Lunda. Le « Ngola » était le roi du royaume du Ndongo. Ce mot, aussi symbole de pouvoir (un objet en fer), a été adopté par les Portugais pour nommer cette terre dont le roi leur était favorable.
Angola en chansons
L’hymne national Angola Avante (« En avant, Angola ») a été écrit par Manuel Rui Alves Monteiro et composé par Rui Alberto Vieira Dias Mingas. Il incarne l’élan d’un peuple résilient et fier. Mais au-delà de l’hymne, l’Angola chante, danse et raconte son histoire à travers quatre genres musicaux majeurs :
Le Semba. Apparu dans les années 1960-70, le semba est un style profondément ancré dans la culture angolaise. À la fois festif et engagé, il puise ses racines dans les rythmes traditionnels et les réalités du quotidien. Parmi ses grandes figures : Bonga, Liceu Vieira Dias (avec son groupe Ngola Ritmos), Carlos Burity, Os Jovens do Prenda, Alexio Palma et sa fille Belita Palma.
La Rebita. Née à la même époque, la rebita fusionne les sonorités brésiliennes et caribéennes, et flirte avec le merengue. Elle se distingue par ses orchestrations riches et ses danses de couple élégantes.
Le Kizomba. « Kizomba » signifie « fête » en kimbundu. Ce genre naît dans les années 1980 de la rencontre entre le zouk antillais et le semba. Sensuelle et romantique, la kizomba a conquis le monde entier grâce à ses rythmes lents et envoûtants.

Le Kuduro (littéralement « cul dur ») surgit dans les années 1990, véritable explosion sonore et visuelle. Ce genre éclectique mêle semba, kizomba, ragga, rap, techno et breakdance. Il est aussi une danse, créée en 1996 par Tony Amado, inspiré par les mouvements de l’acteur Jean-Claude Van Damme dans le film « Kickboxer ». Parmi les pionniers du kuduro : Tony Amado, Frères Rafala, Waldemar Bastos (qui navigue aussi entre semba et musiques du monde).
La musique angolaise est le miroir d’un peuple : joyeux, blessé, résilient. Elle raconte les fêtes populaires, les amours contrariées, les migrations, mais aussi la douleur de la traite négrière et de la colonisation. Influencée par les rythmes afro-latins, brésiliens, caribéens, européens ou encore congolais, elle reste profondément enracinée dans les traditions locales.
Quoi de mieux qu’une playlist de chansons angolaises pour finir cet article en beauté.
Bonne écoute à vous !
Boîte musicale

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