L’Algérie est un vaste pays d’Afrique riche d’une histoire palpitante qui influence profondément sa culture et plus particulièrement sa musique.
Marhaba !
(Petit conseil : Prenez plaisir à écouter la boîte musicale spéciale Algérie en bas de cet article.)
Algérie en clair
Le pays des fennecs, capitale Alger, est un État africain limité au nord-est par la Tunisie, à l’est par la Libye, au sud par le Niger et le Mali, au sud-ouest par la Mauritanie et le territoire du Sahara occidental, et à l’ouest par le Maroc. On dénombre 46.700.000 d’habitants sur le territoire. Leurs origines sont multiples. Ils sont Arabes, Kabyles, Amazighs ou Berbères , Chaouias,
Touaregs, Saharawi, juifs, espagnols, français ou encore russes. Ils s’expriment dans plusieurs langues : français, hausa, turc, italien, espagnol, tsigane, tadaksahak, hassaniyya, arabe algérois ( influence du berbère et du turc), arabe oranais (influence de l’espagnol), arabe tlemcenien entre autres.
Mais l’arabe classique et le tamazight demeurent les deux langues officielles du pays. Et le « darja » qui signifie littéralement «langue courante» est la langue populaire par excellence. Dans l’antiquité ce qui n’était pas encore l’Algérie avait toute sa partie Est occupée par le royaume de Numidie. Mais très vite le règne des Numidiens (berbères) est compromis par la pénétration romaine puis par celle des arabes musulmans au moyen-âge.
Ces derniers s’implantent durablement avec leurs royaumes et leurs dynasties. Ensuite les frères Barberousse débarquent. Ces ottomans réduisent les possessions arabes en régence dès 1587. Mais à quel moment l’Algérie se retrouve sous domination française ? L’histoire remonte aux pourparlers de 1826 au sujet d’une lourde dette contractée par la France chez des commerçants israélites algériens.
L’affaire monte jusqu’aux oreilles du dey d’Alger qui s’énerve lors d’une rencontre en 1827 contre le consul français Deval en lui donnant des coups à l’épaule. Le consul prit ce geste pour une déclaration de guerre. Quelques cascades d’effets plus tard ( le bombardement par les forts d’Alger du navire français Provence en 1829) la France entre en guerre contre l’Algérie. Elle le réduit au statut de colonie malgré les résistances farouches d’ Abd el-Kader, émir de Mascara, et de Hadjdj Ahmad, bey de Constantine.
Toutefois, les Algériens s’organisent pour mettre fin à une oppression française qui normalisent des inégalités sociales inacceptables entre français – pieds noirs– européens et autochtones. La guerre d’Algérie se déroule de 1954 à 1962. Elle oppose l’armée française et les nationalistes algériens de l’Armée de Libération Nationale (ALN) encadrée par le FLN (Front de Libération nationale). 70 attentats en Kabylie et dans les Aurès sont commis par les nationalistes algériens dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954.
La guerre d’Algérie est un massacre, entre 1 00 000 et 1 500 000 morts. Après 130 ans de colonisation Le pays au million et demi de martyrs devient la République algérienne démocratique et populaire le 5 juillet 1962. Le saviez-vous ? Le nom de l’Algérie en arabe est Al-Djazâ’ir, qui signifie «royaume de Ziri» en référence au berbère Bologhin ibn Ziri de la tribu des Zirides qui aurait fondé la ville d’Alger.
Algérie en chansons
Kassaman ou Qasaman « Nous témoignons » en arabe est l’hymne national de l’Algérie. Adopté le 15 septembre 1963 ses paroles ont été écrites par le poète nationaliste Moufdi Zakaria et la musique produite par Mohamed Fawzi. Au cours de sa longue et difficile l’Algérie se façonne musicalement parlant et engendre une diversité de styles musicaux qui résistent au test du temps. Cités pêle-mêle nous avons :
La Musique arabo-andalouse ou musique classique algérienne. C’est un héritage précieux des Andalous exilés en Afrique du Nord après la chute de l’ultime royaume de Grenade en 1492. Elle est rigoureusement étudiée dans trois prestigieuses écoles de musique : le Ghernati de Tlemcen, le Ça’naa d’Alger et le Malouf de Constantine. Les pionniers de ce genre musical sont Cheikh Mohammed Sfindja,Cheikh Larbi Bensari, Redouane Bensari, Abdelkrim Dali, Dahmane Ben Achour, Cheikha Tetma, Fadhéla Dziria, El Hadj Ghaffour, Mohamed Khaznadji, Saddek el Bedjaoui, Sid Ahmed Serri, et Mahieddine Bachtarzi.
La Musique Haouzi. Ses racines musicales s’abreuvent à la source de la musique arabo-andalouse. Elle a émergé dans la ville de Tlémcen. Ses textes sont souvent écrits en darja, le dialecte national. Ahmed Triki, Saïd al-Mandassi, M’barek Bouletbag, Mohamed Benmsaib, Mohamed Bendebbah et Boumédiène Bensalha sont quelques-uns des ambassadeurs de cette musique..
La Musique Malouf, tiré du mot mot arabe Maalouf « fidèle à la tradition », est valorisé par des artistes comme Cheikh Raymond, El Hadj Mohamed Tahar El Fergani, Toufik Bestandji, Simone Tamar, Hamid Bennani et Dib el Ayachi.
La Musique Chaâbi. Elle naît dans la Casbah d’Alger au début du XXe siècle et signifie « populaire » en arabe. Ce genre musical était connu sous le nom du Medh avant qu’il soit baptisé « Chaâbi » par le musicologue Safir El Boudali. El Hadj M’hamed El Anka, Amar ezzahi, El Hadj el hachemi guerrouabi, El Hadj mrizek, Cheikh Hasnaoui, El Kobbi, Boudjemâa El Ankis, El Badji et Dahmane El Harrachi sont quelques artistes de Chaâbi
La Musique Chaoui originaire de la région des Aurès se chante en chaoui, le berbère des habitants de la région. Parmi ces fervents défenseurs nous comptons Aissa Jermouni, Ali Khencheli, Thelja, Beggar Hadda et Zoulikha.
La Musique Kabyle. La musique kabyle est une musique berbère traditionnelle issue de la tradition orale qui dérive en partie de l’achewiq. Slimane Azem, Cheikh El Hesnaoui, Akli Yehyathen, Hssissen, Cherif Kheddam, Cherifa et Nouara sont les ambassadeurs de ce style musical.
La Musique Staïfi vient de la région Constantine. Elle est interprétée sur un rythme Zendali et sur un accompagnement présent du clavier. Samir Staifi, Bekhachi El Khiere et Nouredine Staifi sont des chanteurs de ce genre.
La musique Bédoui est fondée sur le Bendir et la Gesba. Cheikh Hamada, Cheikh El Madani, Ahmed Khelifi, Abdelhamid Ababsa, Menai Ahmed, Rabah Driassa, Nora sont des artistes du genre.

La musique Terguie est un genre traditionnel des Touareg du sud-est algérien. Elle est chantée généralement en Tergui et en Arabe dialectal par une soliste et un ensemble vocal. Othman Bali est la figure de proue du genre.
La Musique Gnawi. Style traditionnel du sud-ouest algérien d’expression Chelhi et arabe dialectal. Il s’agit d’une musique ancestrale importée de l’Afrique sub-saharienne vers le Maghreb. On la retrouve d’ailleurs dans des pays tels que le Maroc, la Tunisie, la Libye, l’Egypte et le Soudan. En Algérie, il est appelé Diwane ou Diwane-Gnawa. Hesna El Becharia, Gaâda Diwane Béchar et Diwane Biskra sont des artistes Gnawi.
La Musique orientale est portée par des chanteurs comme Warda el Djazaïria, Fella Ababsa et Amel Wahbi. Le Rai. Traduit en français il signifie l’opinion, le destin, l’expérience, la vision des choses. Ce style musical émerge vers les années 20 à Oran . Cheikh Khaldi, Cheikh Hamada et Cheikha Rimiti, Cheikh Ben Yamina ou Cheikh Doubahi sont des pionniers du genre. Pour cette raison on les attribue le titre de Cheikh (maîtres, maîtresses).
Le raï est le seul genre musical algérien à faire tâche d’huile dans et hors du pays. Elle doit son succès retentissant à ces pionniers mais aussi à la jeune génération (début des années 80 à nos jours) qui modernise le rai en l’agrémentant de notes orientales et occidentales . Ils portent le titre de Cheb (jeunes). Ce sont des artistes comme Cheb Hasni, Cheb Khaled, Cheba Fadela, Cheb Sahraoui, Cheb Mami, Chaba Zahouania et le groupe Raïna Raï. Dans les années 1970, les variétés occidentales telles que la pop, le rap, le rock se popularisent avec des chanteurs comme Baaziz, Hocine Lasnami, Triana d’Alger .
Le Rap algérien émerge en 1985 grâce à Hamidou, Jawla Fe Lil, Hamma Boys, Intik, MBS (Micro Brise le Silence) TOX (Theory Of Xistence) et Lotfi Double Kanon. Ses textes sont plurilingues. Ils marient l’ arabe, le kabyle, le français et l’anglais.
Le zenqaoui est issu des banlieues algériennes. C’est un style musical qui croise le rap, le hip-hop et le raï avec le chaâbi et les chants de supporters. Cette musique est le cri d’une jeunesse algérienne désillusionnée. Ses artistes sont Mouh Milano, Didine Canon 16, Fouzi Torino ou encore Djalil Palermo.
Modelée par plusieurs siècles d’histoire mouvementée, la musique algérienne continue de nous en mettre plein les oreilles en plus de nous bercer de ces rythmes ancestraux, jamais passés de mode.
Quoi de mieux qu’une playlist de chansons algériennes pour finir cet article en beauté.
Bonne écoute à vous !
Boîte musicale

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