Au pays de José Carlos Schwartz et de Zé Manel la musique porte en elle les échos des échanges culturels du monde lusophone et des populations locales.
Bem-vindo!
(Petit conseil : Prenez plaisir à écouter la boîte musicale spéciale Guinée-Bissau en bas de cet article.)
Guinée-Bissau en clair
Surnommée la « Côte de noix de cajou », la Guinée-Bissau est un État de l’Afrique de l’Ouest limité par la Guinée Conakry à l’Est, le Sénégal au Nord et bordé par l’océan Atlantique. Célèbre en partie pour ses îles Bijagos, elle compte 2.143.000 habitants. Plus d’une vingtaine d’ethnies partagent sa superficie estimée à 36. 125 km2.
On rencontre les Fulani ou Fulbe, les Mandinkas, les Papels, les Balantes, les Bijagos, les Nalu, les Mandjaks, les Diolas, les Soussous,les capverdiens, les chinois originaires de Macao et d’autres asiatiques, les européens et bien d’autres. Le portugais est la langue officielle mais le créole reste la langue nationale au milieu de plusieurs autres langues locales.
Avant d’être la Guinée-Bissau ce petit bout de territoire était le berceau de plusieurs royaumes. D’abord, celui des Baïnouks. Un peuple originellement dirigé par les femmes. Les Mandé arrivèrent entre le 11ème et 16ème siècle suivi des éleveurs peulhs, des populations de Kinara, des Nalu du Fouta Djalon, des Fulbé. La population se diversifie progressivement suivant les vagues migratoires.
A la faveur du commerce transsahairen et translantlantique les portugais débarquent en 1446 puis les italiens en 1455 et 1456 et les Mandjacos, marins travaillant dans les navires portugais.Le Portugal domine la région vers la fin du 19ème siècle à coups d’agression et d’alliances stratégiques avec les Fulbé contre le royaume Kaabu. La Guinée est alors portugaise avec comme chef-lieu d’administration Bolama puis Bissau(ancien comptoir portugais).
Sous l’oppression portugaise, la résistance s’organise. Amilcar Cabral et Rafael Barbosa monte en 1956 le PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert).17 ans de lutte plus tard, le PAIGC proclame l’indépendance de la Guinée-Bissau .Un an avant les Portugais. Luis Cabral, demi-frère de Amilcar Cabral, résistant tué en 1973 à Conakry, devient le premier Président du pays.

Guinée-Bissau en chansons
Esta é a Nossa Pátria Bem Amada (« Ceci est notre bien-aimé pays ») est l’hymne national de la Guinée Bissau depuis son indépendance le 24 septembre 1974. Il a été écrit par Amilcar Cabral et composé par le Chinois Xiao He. La musique bissau-guinéenne est à l’image du pays, un creuset culturel . Chaque peuple enrichit joliment la palette musicale. Les percussions y aidant : bloum-bloum, boumbouloum ou bambol (tambour d’appel), le mandaga.Toutefois, deux genres musicaux s’imposent.
Le gumbe (goumbé). Originaire de la Guinée-Bissau, c’est à la fois un chant et une danse exécuté par les « lambats » (les griots) en l’honneur des génies tutélaires. Le gumbe désigne aussi le tambour qui produit la musique et qui s’harmonise avec des instruments comem le sico, le palmas et le tina. Ce courant musical est une référence dans le pays. Il traverse quasiment toutes les compositions musicales des artistes bissau-guinéens.
Donnant lieu à des mélanges audacieux. Le groupe mythique Super Mama Djambo de Adrian Atchuchi formé en 1973 croise le gumbé avec les sonorités mandingue et créole. Le groupe Cobiana Jazz avec José Carlos Schwartz, formé en 1969 allie le gumbé avec le koussoundé, le brassa, le nalou et le kizomba, le jazz, la soul ou le funk. Le groupe Nkassa Cobra mélange le kizomba et le gumbé. Le groupe Djorson revisite aussi le genre à sa sauce. Tabanka Djaz, le gumbé, le fado, la samba, la morna, la coladeira, le kizomba.
Le groupe Sido, le gumbé, le koussounde, le kizomba, la bossa nova, la rumba, le zouk, la salsa. En solo, José Carlos Schwartz mixe rythmes locaux et musiques caribéennes, brésiliennes et portugaises. Zalyka surfe entre jazz, gospel, blues, afro- folk et gumbe. Salvador Tchando Ambalo associe le gumbé avec les rythmes peulhs. Le Gumbé a aussi ses variantes.Le gumbe fusion avec Naka Ramiro surnommé « le roi du gumbe » Le gumbe-pop avec Justin Delgado Le gumbe-rap avec Patcho de Lima Le gumbe-jazz avec Maio Coope.
Le Koussoundé est un autre courant musical populaire dans le pays. Il est modernisé par l’auteur-compositeur Kaba Mané après la sortie de son premier album Chefo Mae Maedans en 1986 . Il fusionne le genre avec le madiana. A ces deux genres musicaux majeurs s’ajoutent des musiques propres aux ethnies du pays comme le Tina.
Le Tina, originaire de la région de Cacheu, prend sa source dans la musique « Mandjuandadi ». Un style où les femmes sont au cœur des compositions musicales en plus de mener la danse. Le son du tina est produit traditionnellement en frappant des calebasses (cabass en créole) au-dessus d’une barrique de vin gorgée d’eau. C’est une musique très populaire dans les carnavals.
Les chants de tina traitent de chagrins d’amour et du ditos (les pressions sociales exercées sur les femmes). Pé di Mesa, Pé di Mucho, Pé di Banco, Koral, Kombé Fina et Confortados,Nelson Bomba, Iva et Ichy, Dulce Neves, Netos di Bande, Firkidja di Bula sont des artistes de Tina. On a également le « brassa » joué par les Ondames du Centre, les Mankagnes et les Mandjaks, le « nalou » issu d’un peuple du même nom et la « danca felupe » de l’ethnie felupe.
En quelques mots la Guinée-Bissau jouit d’une musique de variétés charmante,mutiethnique, inestimable, inépuisable et passionnante.
Quoi de mieux qu’une playlist de chansons bissauguinéennes pour finir cet article en beauté
Bonne écoute à vous !

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