Coucou vous vous ! C’est l’île la plus mystérieuse d’Afrique. Isolée géographiquement du reste du continent, São Tomé-et-Principe est pourtant un pays très ouvert aux influences de ses voisins africains et du reste du monde particulièremnt en matière de créations musicales riches et variées.
Bem-vindo !
(Petit conseil : Prenez plaisir à écouter la boîte musicale spéciale São Tomé-et-Principe en bas de cet article.)
São Tomé-et-Principe en clair
« L’île chocolat », plus connu sous le nom de Sao Tomé-et-principe, est un archipel de 1000 km2 situé dans le Golfe de Guinée, au large des côtes gabonaise et équato-guinéenne. Elle est le plus petit pays d’Afrique devant l’île Maurice. Sa capitale est Sao Tomé. Elle compte 240.871 habitants. Les São Toméens et Principéens sont principalement des Forros, des Angolares -descendants d’esclaves angolais,
des capverdiens, des portugais et des asiatiques originaires de Macao. Ils parlent l’angolar, le lungulé, le créole capverdien, le fang, le français. Le portugais est la langue officielle du pays au même titre que le saotomense et le principense, deux grandes langues créoles. Dans son histoire, l’archipel de São Tomé-et-Principe a été progressivement colonisé par les portugais. D’abord, l’île vierge de São Tomé.
Découverte le 21 décembre 1470, jour de la Saint-Thomas par les explorateurs Joâo de Santorém et Pedro Escobar. D’où le nom d’ailleurs de Sâo Tomé. Puis, l’île de Principe. Découverte bien plus tard et baptisé en hommage au prince Alphonse. Toutefois l’environnement hostile des îles volcaniques oblige les colons portugais à attendre 1493 pour s’installer à Sao Tomé et 1500 pour occuper Principe.
Sous les ordres d’Alvaro Caminha, l’archipel se peuplent d’enfants juifs espagnols victimes de l’Inquisition, de criminels et d’orphelins portugais. Pour s’enrichir, les colons se lancent dans la culture de la canne à sucre, de café et du cacao. Ces activités agricoles font de São Tomé-et-Principe le premier producteur de cacao au monde en 1913. L’« île Chocolat » prospère. Les plantations aussi. Mais la main-d’œuvre fait cruellement défaut.

Les Forros (filhos da Terra ou fils de la Terre) refusent de travailler dans les champs. Ne pouvant asservir les indigènes suite à l’abolition de l’esclavage, les portugais font appel aux seviçais d’Angola, du Cap-Vert et du Mozambique. Gardant rancune de la résistance des Forros, les autorités coloniales montent les serviçais contre les fils de la Terre.
S’installe alors une tension sociale inédite qui aboutit à une tragédie, le drame de Batepá du 03 février 1953. Elle dure trois jours et marque à jamais l’esprit des Sao Toméens et Principéens. Cet évènement douloureux plante les graines de la révolte mais aussi de la politique anticoloniale menée avec courage par le comité pour la libération de Sao Tomé et Principe rebaptisé en 1972 Mouvement pour la Libération
de Sao Tomé et Principe (MLSTP). Ce parti nationaliste d’inspiration marxiste se donne pour mission de conduire le peuple vers l’indépendance. Il y parvient un an après la révolution des Œillets. Ainsi en 1975 São Tomé-et-Principe devient officiellement une République libre avec à sa tête Manuel Pinto da Costa, un membre du MLSTP.
Sao Tomé-et-Principe en chansons
« Independência total » signe la fin de la colonisation. L’hymne national est l’œuvre écrite de Alda do Espírito Santo et a été composé par Manuel dos Santos Barreto de Sousa e Almeida. Elle célèbre l’unité du pays bien mis en avant d’ailleurs par les deux étoiles noires du drapeau national. Elles symbolisent à elles deux les îles de Sao Tomé et de Principe. La cculture musicale são toméen et principéen a dès son origine butiné dans différents genres musicaux pour construire sa marque sonore. Elle s’est inspirée tantôt du Semba angolais, du zouk, du kompas haîtien, de la rumba congolaise,
du makossa camerounais tantôt de la rébita congolaise, des sons du Cap-Vert, du Brésil et de l’Occident. Fort de ces inspirations, elle développe une série de styles musicaux. Je cite ici trois majeurs :
■ Le Matacumbi ou Socopé. Popularisé dans les années 60, ce genre se chante dans la langue lungulé des angolares et se nourrit de sons angolais, brésilien, congolais et capverdien.
■ Le Dêxa ou Decha apparaît dans les années 80 et devient très connu et apprécié grâce à l’artiste touche a tout Gilberto Gil Ulmbelina.
■Le Puxa. Un patchwork de merengue angolais, de Benga kenyane, de Coladeira de Cap-vert, de Soukouss congolais, d’Afoxé brésilien et de soupçon caribéen.
On compte parmi les artistes Sao Toméens et Principéens Pedro Lima et sa bande Os Leoninos, Gilberto Gil Umbelina, le groupe Calema, Camilo Dominguos, le groupe Sangazuza, Os Úntues, Mindelo, Equador, Juka, Chong Kwong.
Leurs créations sont à l’image de la musique de leur pays, purement charmantes et métissées. J’ai un énorme coup de cœur pour la musique de Camillo Dominguos. Je trouve qu’il a réussi à sa manière à fusionner toutes ses influences musicales capverdiennes et santoméennes pour créer une identité musicale São Toméen et Principéen unique.
Quoi de mieux qu’une playlist de chansons saotoméens et principéens pour finir cet article en beauté
Bonne écoute à vous !
Boîte musicale

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